De Gros Problèmes…
juillet 8th, 2008Mon ombre m’a laissé. Elle est partie. Zip! Plus là.
Certains diront que c’est à cause de la température, qu’il n’y a pas eu de soleil vraiment ces derniers jours, beaucoup de nuages. Ou encore que je suis resté au noir pendant un bout. Que nenni!
J’ai essayé. Le reflexe naturel, vous voyez. On se sent froid, seul, on y croit encore. Comme lorsque vous avez mal au bras que vous avez perdu. Je me suis mis sous une lampe. Rien. Face à un projecteur. Rien. Sauf un point blanc, quand je ferme les yeux.
Voyez-vous, le métier d’ombre n’est pas facile. Il faut toujours être attentif, savoir se plier à toutes les acrobaties de la source (dans ce cas-çi, moi). Un mouvement hâtif, une hésitation, et tout est foutu. L’ombre s’emmêle, elle tombe parfois, et là elle se choque. Contre les autres ombres! Ca crée une ombre de choque, et elle se propage. Elle se propage vite, l’ombre de choque. C’est la folie certaine.
Je crois qu’elle a trop eu de soleil dernièrement, à San Francisco, ça lui a monté à la tête. Elle se sentait importante. Bien définie, une ombre claire. Elle se pavanait dans la rue comme une ombre célèbre. « L’ombrissîme ». Après mon expérience au restaurant O’Noir, elle ne savait plus ou jeter de la tête.
Seul ombre au tableau, je ne pouvais pas rester. Il fallait que je revienne a Montréal. Et lorsque je me promenais dans le parc, j’ai cru voir, du coin de l’oeil, quelque chose de menacant. Et j’ai eu peur, c’est naturel, mais quand j’ai regardé plus attentivement, j’ai vu que ce n’était qu’elle. J’avais eu peur de mon ombre. Et ça l’a vexée. Le lendemain, je me réveillai sans elle…
Comment sais-je que c’est mon ombre qui est partie? Quelqu’un a avancé l’idée que ce serait peut-être l’inverse. La lumière m’évite. Ah! C’est ridicule. Franchement! Si la lumière m’évitait, on ne me verrait plus. On ne verrait que l’ombre de moi-même.
Je lui ai dit que je n’en avais pas l’ombre d’un doute. Il a compris tout de suite. Il s’est illuminé et, saisissant l’oportunité, je regardai derrière moi, sans résultat. J’étais seul. Illuminé ou pas, il ne jetait pas d’ombre sur moi. Je restai assombri par cette réalisation.
Parfois, je pire. Lorsque je suis revenu du bureau, l’autre jour, j’ai revu l’ombre de mon ombre, mais encore. Ce n’était pas grand chose. Elle m’a donner le courrier que j’avais reçu, et quelques vêtements que j’avais oublié. Pas de nouvelles, pas de messages…
Depuis, je marche à l’ombre, en regardant partout où elle pourrait être.
Carpe Umbra!





J’aime beaucoup ce texte. Ca fait deux semaines que je le travaille et je crois qu’il est prêt à être posté (même si ça fait 2 « bons » posts dans la même journée).
Comme toujours, commentaires appréciés. Aussi, si vous aimez mes textes, n’hésitez pas à me mettre dans votre blogroll et à en parler à vos ami(e)s… plus je suis lu, plus j’ai le goût d’écrire, et je crois que je peux encore m’améliorer de beaucoup