La vie des autres
Mardi, juin 8th, 2010Juste pour vous… Viens d’écrire. Quelques idées pour un début de pièce, je crois.
Emilie. Quand on rentre chez les gens pour la première fois, il y a toujours des odeurs non-familières. Je me souviens, quand je suis rentrer chez Jean la première fois, ca sentait le foin. Chez ma tante, c’était de la lavande. Ma grand-mêre gardait encore une odeur que je n’ai jamais réussit à décrire, c’était une bouteille de parfum qu’elle cachait. Ou encore une odeur corporelle. Quand j’étais petite, je m’amusais a essayer de voir d’où ca provenait. Je fouillais les tiroirs et je vidais les bouteilles.
Jean. Mon père est néologue. De métier. Il travaille à l’office de la langue, à québec. C’est lui qui trouve les mots pour des bidules qu’on doit appeler mais qui portent pas de noms. Ca faisait des drôles de discussions à tables. « T’as une graine sur le philtrum », « Nettoie tes conches. » (Rire.) Des fois on savait plus ce que ca voulait dire, on faisait comme si. Moi et mon frère, on voyait si on pouvait inventer des mots pour le mêler. J’étais le meilleur pour ça.
Emilie. J’ai encore dans la tête toutes ses odeurs qui décrivent les personnes avec qui j’ai vécu. Chez le gros Vincent, ca sentait sa mère. L’odeur du cuir neuf est resté pendant des années chez les Simard quand ils ont acheté leur nouveau divan. Tout le village allait les voir pour sentir.
Jean. Est-ce que quelque chose existe si elle a pas de nom? Quand personne l’appelle? Est-ce que j’existe encore?
Emilie. Chez nous, c’était bizarre. Il y avait plusieurs odeurs. Ca m’arrivait de me promener dans la maison et de trouver une odeur qui me rappelait des souvenirs. Le nounours de mon enfance, qui sentait le linge propre tout le temps. La boîte à musique de ma mère. Elle sentait le vieux bois, avant qu’elle ne la mette au grenier. Des fois, je croyais sentir le parfum que portait mon père, avant qu’il soit parti. C’est comme s’il y était encore.




